Le 26/01/2026
Le cadre légal : une obligation de résultat
L’article L.4121-1 du Code du travail est clair :
L’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés.
Cela signifie que l’entreprise ne doit pas seulement réduire les risques, mais bien les empêcher.
Une réalité de terrain contradictoire
Cette obligation légale se heurte aujourd’hui à une réalité préoccupante :
- Manque de personnel chronique,
- Heures excédentaires obligatoires
- Difficultés de recrutement,
- Montée des cadences,
- Objectifs permanents de réduction des coûts,
- Pression sur la limitation des jours de CET court terme.
Dans le même temps, les salariés ont un besoin légitime de repos avant d’atteindre le point de rupture physique ou psychologique.
Des managers pris en étau
Les managers se retrouvent en première ligne :
- D’un côté, une direction qui cherche à optimiser les coûts de main-d’œuvre et à limiter la pose des jours de CET court terme,
- De l’autre, des salariés qui souhaitent utiliser les jours épargnés pour se reposer ou bénéficier de temps libre.
Ils doivent assurer les livraisons, maintenir la production, pallier l’absentéisme, tout en préservant la santé de leurs équipes.
Cette situation génère de forts risques psychosociaux, y compris pour les managers eux-mêmes.
Le CET court terme : un droit sous contrainte
Conformément à l’accord RELOAD :
- Le CET court terme est plafonné à 30 jours,
- Les jours peuvent être pris en journée entière ou demi-journée,
- La pose est soumise à la validation du responsable hiérarchique.
En pratique :
- Le salarié propose,
- Le manager dispose,
- La direction impose,
- La validation dépend de l’absentéisme et des retards de production,
- Des quotas moyens par salarié sont instaurés dans les services.
Ce fonctionnement transforme un droit au repos en variable d’ajustement de la production.
Santé, sécurité et accidents du travail
La baisse du taux d’accidents dans l’entreprise passe aussi par :
- La reconnaissance de la fatigue,
- La prévention de la surcharge,
- La validation effective des jours de repos.
Un salarié fatigué est un salarié exposé.
Un paradoxe dangereux
Comment prétendre prévenir les risques professionnels tout en :
- Maintenant des sous-effectifs,
- Augmentant les cadences,
- Limitant l’accès au repos pourtant épargné par les salariés eux-mêmes ?
Ce paradoxe met en danger la santé des salariés et celle des managers.
Propositions de solutions de la CFDT
Le repos comme outil de prévention
- Reconnaître officiellement la prise de CET court terme comme un levier de prévention santé et sécurité.
- Interdire toute pression visant à dissuader la pose des jours de repos.
Des règles claires et équitables
- Définir des critères transparents et collectifs de validation des CET.
- Supprimer les quotas arbitraires par service.
Anticiper plutôt que subir
- Intégrer la pose des CET dans la planification de la charge et des effectifs.
- Anticiper les objectifs de production aux réalités humaines.
Protéger aussi les managers
- Reconnaître les risques psychosociaux auxquels ils sont exposés.
- Leur donner des marges de manœuvre réelles, sans injonctions contradictoires.
- Mettre fin à la responsabilité individuelle face à des problèmes structurels.
Recruter et stabiliser les équipes
- Lutter contre le sous-effectif par des recrutements pérennes.
- Valoriser les compétences et l’expérience.
La santé n’est pas une variable d’ajustement.
Prévenir les risques, c’est donner aux salariés et aux managers les moyens de travailler durablement,
en sécurité et avec dignité.

